L'histoire

"Nous allons vous conter les très véridiques aventures du fameux et vaillant hidalgo : Francesc Tosquelles, qui avait l’oeil joyeux, la moustache broussailleuse et le verbe rigolard et tranchant. Nous allons vous chanter l’histoire de ce trop peu connu Professeur Psychiste, Docteur Déconniâtre, Chevalier Don Psyquichotte, qui, au coeur d’une Europe pourrie par la folie des hommes, reconnut aux fous, leur humaine et nécessaire existence et par là révolutionna la psychiatrie".

Ils sont deux sur scène pour lire des bouts de vie avec une veste trop grande pour elle. A moins que ce soit pour raconter cette fabuleuse aventure psychiatrique avec une veste trop étriquée pour lui. Tous deux narrent « les très véridiques aventures du docteur Francesc Tosquelles », avec un nœud catalan. Tous deux lisent un décor de feuilles de journaux, « il y en a marre de toute cette neige et de la méchanceté du monde ». Tous deux plient les mots des malades qui planent « pour l’Inde mystérieuse » comme des Trait d’union entre les épisodes de ce Chevalier Don Psyquichotte. L’accordéon pleure la guerre d’Espagne et la maladie mentale. L'accordéon arrache aux tripes la rage des Résistances et la guérison de la société entière bénie par la parole des fous. Un récit, des lectures et de la musique catalane avec un peigne en guise de moustache. Ils sont deux pour faire entendre la vie sanchopanchesque de ce psychiatre qui a permis ce journal en guise de médicamental et qui nous offre un regard à l’envers de la folie à l’endroit d’aujourd’hui.


La méningite des poireaux. Pourquoi ce titre ?

Ces mots sont extraits de Trait d’Union, le journal interne de l’hôpital psychiatrique de Saint-Alban entre 1950 et 1982, symbole de la psychothérapie institutionnelle et du travail du Dr François Tosquelles et sujet-matériau de notre recherche. C’est une touchante définition de la folie par elle-même. En fait l’expression paradoxale d’une malade, qui refuse sa maladie mentale et avance cette étrange affection pour expliquer ou disculper quoi ? Sa maladie mentale. Ces quelques mots, d’une poésie tragi-comique, ont la puissance de l’art brut (dont l’hôpital de Saint-Alban fût un des lieux emblématiques avec les créations de A. Forestier, M. Sirvins, A. Jayet, C. Jego-Morin…). Cette association « cadavrexquise » évoque aussi, bien sûr, le surréalisme et renvoie aux artistes majeurs qui ont marqué l’histoire de Saint-Alban (T. Tzara, L. Parrot, J. Dubuffet… et évidemment P. Eluard, dont quelques poèmes-portraits de malades de Saint-Alban ont été repris dans Trait-d’Union au lendemain de sa disparition. Hommage que nous lirons). Et enfin, l’étonnante et touchante drôlerie de cette expression dit bien le collage-théâtral que nous souhaitons créer.




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